Les imitations gauloises de monnaies romaines

1-Les imitations du numéraire officiel romain du début de l’empire.

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Imitation d’un as d’Auguste.

A la fin de la période républicaine (1er siècle avant JC) , Rome toléra en Gaule certains droits quant à l’utilisation des anciennes espèces gauloises. La transition entre le numéraire gaulois et le numéraire romain devait prendre un certain temps et imposait donc cette tolérance. On payait donc sur les marchés gaulois en as républicains, potins gaulois, espèces ibériques ou numéraire officiel romain… Néanmoins, malgré les efforts d’Auguste pour réapprovisionner la Gaule en nouveau numéraire, une pénurie d’espèce se fit sentir durant la fin de ce siècle et au début du 1er s après JC. L’ atelier monétaire de Lyon (Lugdunum) devient atelier impérial en 15 av. J.-C, lorsqu’ Auguste réorganise le monnayage de l’Empire. Cet atelier deviendra l’un des plus grands du monde romain et frappera de très nombreux types de monnaies romaines jusqu’en 78 après JC. La Gaule est certainement le pays où l’on frappa le plus de contrefaçons, pour pallier au manque de numéraire. Les frappes, réalisées par des ateliers clandestins, imitent d’abord les as d’Auguste dit à l’autel de Lyon, comme cet exemplaire. Les monnaies officielles sont en bronze, mais les ateliers clandestins frappent un métal massif, plus facile à obtenir que l’alliage formant le bronze. Cette monnaie est en cuivre et a d’ailleurs quelques oxydations vertes typiques des espèces de cuivre. Si certains exemplaires sont assez fidèles comme celui-ci, certains éléments trahissent le côté « non officiel » de la monnaie. D’abord la bouche d’Auguste avec les lèvres en forme de points assez caractéristiques du graphisme des émissions gauloises et l’espace entre la bouche et le menton, trop important. La forme des lettres, ensuite, d’ inégales grandeurs (sans faute d’orthographe) comme le S. D’autres exemplaires seront beaucoup moins réalistes, très dégradés quant au style, et de poids excessivement légers . On peut penser qu’un grand désordre régnait entre ces espèces locales, les nouvelles frappes officielles, les anciennes frappes républicaines, les monnaies indigènes…au point que Rome apposa, au 1er siècle après JC, des contremarques sur les espèces réputées « bonnes », ou pour diminuer la valeur de certaines contrefaçons.

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Médaillon en argile de l’as d’Auguste.

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Imitation d’un as de Claude. La légende n’est qu’une suite de lettres sans sens. Minerve de style gaulois au revers, bras en arc de cercle, ensemble sans « mouvement », lettres SC de tailles différentes. Cette posture de Minerve n’est pas sans rappeler les statuettes de bronze étrusques et grecques du début de la période classique (500 avant JC) représentant Athéna Promachos.

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Médaillons d’argile du prototype frappé à Rome entre 50 et 54 après JC.

2- imitations du 3 e siècle 

Les imitations dites radiées sont des monnaies de nécéssité émises dans des ateliers locaux à partir du dernier tier du 3 e siècle, présentant à l’avers la tête radiée d’un empereur romain. La tête est radiée car ces monnaies  « imitent » des antoniniens ou des double-sesterces sur lesquels l’empereur portait une couronne radiée.

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Imitation d’un double sesterce de Postume. Le module est plus petit que celui des exemplaires sortants des ateliers officiels (Trèves), les traits plus stylisés et le coin de revers atteind un niveau d’usure extrêmement important. Vers 264/266 après JC.

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Imitations des monnaies de Tétricus, empereur gaulois. Entre 275 et 300 après JC. Leur aspect leur ont valu souvent l’appellation « d’imitations barbares » en opposition aux monnaies romaines de style classique alors qu’elles n’ont rien de barbares, mais fabriquées localement pour un usage local.

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Deux imitations d’un antoninien de consécration de Claude II le gothique. (Frappés après 270 après JC). Revers à l’autel allumé.

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médaillon du prototype

3- imitations du 4 e s après JC.

Le tournant de la crise de la seconde moitié du 3e s. est marqué par une production massive d’imitations, les imitations radiées, qui semble noyer la circulation monétaire jusque dans les années 330. Dans ce laps de temps, les monnaies officielles cotoyent les imitations, notamment pour la période 259-294. À partir de la période tétrarchique (Dioclétien),la part de monnaie de bon aloi augmente en Gaule jusque dans les années 330-348 où les fabrications d’ imitations reprennent de nouveau le pas. Elles dominent encore la circulation monétaire au début de l’ère valentinienne. C’est à ce moment que les frappes officielles reprennent l’avantage grâce à des productions massive.

 Ces phénomènes concordent avec les phases de crises monétaires inflationnistes, bien identifiées pour l’Antiquité tardive, ponctuées de tentatives de restauration . L’importance que prend le monnayage imité est également liée aux conditions matérielles de sa production. Les exemples montrent qu’une officine de faux-monnayeurs ne réclame pas une infrastructure très lourde. La qualité de reproduction tendant à s’amenuiser au cours de chaque phase, on peut envisager une sorte de “démocratisation” de cette activité. Ainsi, chaque établissement rural ayant à proximité un atelier de forge peut très bien devenir pour un temps un lieu de production. Extrait de l’article « Remarques sur la circulation monétaire dans les campagnes à la fin de l’Antiquité en Gaule de l’Est » par Alexandre Burgevin et Benoît Filipiak.

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Imitation d’un nummus de Constantin I à la louve. On lit le mot VRBS à l’avers devant la tête de Roma. Vers 334/340 après JC.

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Imitation d’une monnaie de cuivre de Constantin I, tête casquée frappée après 319 après JC. La légende est erronée à l’avers et au revers. L’atelier du prototype est Siscia (en Croatie). On note au revers, à l’exergue sous les deux victoires, la lettre gamma identique sur le prototype (Le reste est erroné) et les trois lettres SIS avec les S a l’envers.

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prototype de Constantin frappé en 319 après JC à Siscia

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Médaillon d’argile du prototype

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Superbe imitation de Fausta. Noter la légende absente et remplacée par des points et des bâtons. Vers 324-330 après JC.

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Médaillon d’argile de l’imitation de Fausta.

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Imitation de Constans Noter les erreurs d’orthographe. PE au lieu de PF à l’avers, EXERCTVS au lieu de EXERCTIVS (l’armée), au revers. Après 340 après JC.

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Imitation d’une monnaie de Constance II, César. Quelques fautes en fin de légende. NOB C devient NOIC et IVN devient IVNI…un bâton de trop! Après 324 après JC

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Imitation d’une majorine de Constance II, Auguste (vers 340/360). Les lettres sont très irrégulières et les personnages stylisés. La légende est tronquée ON CONSTI….TIVS AVC pour DN CONSTAN…TIVS AVC

 

 

 

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